Il était une fois l’Egypte… C’est vrai, ça fait loin. Ca sentait la transpiration et le kochari sur Tahrir, les militaires cherchaient encore leur bord et Moubarak décidait de couper l’Internet parce que bon, l’impression de liberté, ça va un moment…

Il avait coupé les réseaux mobiles aussi… Des fois qu’on se dise qu’on a encore le droit de s’exprimer. Alors ne restaient plus que les lignes de téléphone fixe qui permettaient aux gens qui avaient la chance d’avoir un poste fixe, de communiquer entre eux… mais pas que.

  • Internet était coupé, mais Internet était toujours vivant

Avec un modem 56K, celui qui faisait le bruit tout pourri quand on se connectait sur lycos et caramail au CDI du lycée, on pouvait encore se connecter à Internet en le branchant sur la prise de téléphone.

On pouvait se faire un café en attendant l’affichage d’une page, voire rendre visite au voisin pour savoir si tout allait bien, mais on pouvait communiquer, charger des vidéos sur Internet, faire un gâteau, un gratin, voire les deux l’un après l’autre pendant que ça charge et tenter d’ouvrir une nouvelle page le temps d’aller constater que le revendeur d’alcool du coin était toujours fermé. Revenir heureux de voir qu’elle était en partie affichée.

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A l’époque, la plupart des Egyptiens que je connais, issus de différentes classes sociales, se fichaient bien de savoir comment tout ça pouvait magiquement fonctionner et ne connaissaient pas l’existence de Telecomix. Il y avait ces numéros internationaux dont ils ne savaient pas trop où ils atterrissaient. Il y avait ces Allemands, ces  Suédois et ces… Français.

  • des Français

Aujourd’hui encore, les dialups Tcx permettent de se connecter d’un peu partout dans le monde à tout moment via un modem 56K, si le réseau téléphonique fixe fonctionne. Pas de manière sécurisée. Juste de se connecter en composant un de ces numéros.

Ces Français, donc, qui avaient filé ce numéro, ce login, ce mot de passe, étaient juste appelés « FDN » sur le formulaire d’assistance. De vous à moi, ils s’en foutaient un peu sur le moment, mes potes. Je me suis toujours dit que ces gens-là, je les aiderais… Je ne savais pas par quel moyen, je ne savais pas qui ils étaient, mais ils offraient la liberté de communiquer à ceux qu’on privait de parole.

De retour en France, après avoir traîné mon sac à dos un peu ailleurs qu’en Egypte, j’ai lu, je me suis renseignée, j’ai rencontré tout plein de gens dans la Geekerie et ailleurs. J’ai par ailleurs appris que FDN est un fournisseur d’accès à Internet qui a pignon sur toile depuis plus de 20 ans et je te laisse découvrir leur site.

La différence avec les autres fournisseurs d’accès à Internet (FAI), c’est que FDN n’a pas une démarche commerciale, à l’instar des autres compagnies qui t’appellent à l’occasion pour essayer de te fourguer leur dernière box, un service supplémentaire. FDN essaime en région via des FAI locaux où des petites mains bien passionnées mettent les doigts dans les tubes pour assurer leur neutralité, et fournir de l’Internet sain qui sent bon le collectif.

Vers chez moi, le FAI associatif du coin, c’est franciliens.net. J’ai su, j’ai vu, j’ai lu… et j’ai attendu.

Attendu d’arrêter de passer de sous loc en sous loc, attendu d’avoir un vrai travail, attendu de me stabiliser pour avoir un peu de temps à consacrer à l’asso, puisque payer 15 euros de cotiz’ et ne plus rien faire, c’est pas vraiment mon truc… et j’ai finalement adhéré et choisi de m’investir il y a quelques mois.

  • and now…

Sans connaissances techniques particulières, je file aujourd’hui un coup de main à l’asso en m’impliquant parce qu’il n’y a pas que des geeks, des nerds, des informaticiens de métier qui peuvent apporter leur gravillon à l’édifice. J’y apprends aussi plein de trucs au contact de ce groupe d’humains réunis autour de certaines valeurs qui sont aussi miennes.

Enfin, en apportant mes 15 petits euros, le prix de 3 ou 4 pintes (sauf au Puchla parce que c’est cher…), j’aide à maintenir ces lignes qui ont aidé, (sauvé ?), permis à des gens de jouir d’un des droits les plus simples et les plus fondamentaux, celui de communiquer.

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14 mars 2013 09:15


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