On a vu, il y a quelques jours, l’histoire du site du Point qui reprenait sans complexe un billet d’Authueil sur une série de légions d’honneur décernées par Cecile Duflot.

Le (très) facheux incident n’est pa isolé puisqu’au mois d’avril, nous avions été plusieurs à gueuler lorsque ce papier des Inrocks avaient recopié une capture d’écran de ce billet de Numendil sans le citer et la plupart de ses infos aussi. Nous avions obtenu que l’erreur soit réparée et la stagiaires qui avait écrit copié cet article ne refera pas la même erreur, tant mieux, il y aura quelqu’un pour qui cela aura été formateur.

On ne va pas revenir sur le datalove, toussa, l’idée n’est pas de rappeler qui gagne de l’argent avec le travail des autres qui bossent pour la cause mais de parler un peu de la presse en ligne… ou plutôt la presse en ligne à Paris et (un peu) d’éthique.

Jusqu’ici j’avais été  gâtée en travaillant pour des médias en ligne soit engagés soit fournissant toujours du contenu original et respectant le travail des journalistes et les rémunérant à juste titre et dans les temps (ce qui est vraiment rare dans un média français). Loin, j’étais un peu épargnée.

Le ouaibe

Puis il y a quelques temps, j’ai découvert un média en ligne parisien. Travaillant dans un domaine plutôt pas trop maîtrisé, je me disais que j’allais apprendre plein de choses et c’est le cas. J’avais bossé et potassé avant, proposé des idées de sujets qui ont été acceptées. Ouf, cela me permet de faire du terrain et de consacrer la majeure partie de mon temps à des papiers originaux.

J’ai aussi discuté pas mal avec des étudiants en contrat de professionnalisation qui m’ont raconté comment cela se passait dans leur boite. En gros, le web, c’est le parent pauvre du métier. La vraie rédac, elle est au papier, à la radio, à la télé. Au web, on ne fait presque qu’enrichir le travail des autres.

Triste tableau. Dans le web, le contenu est secondaire, seule l’update compte. Qu’il s’agisse d’un copy/paste d’une dépêche AFP ou de la reprise d’une info parue dans un média d’un même secteur.

Là, on appelle   »journalisme » le fait de lire le travail de quelqu’un d’autre et de le reformuler sans que ça se voit trop pour en faire un papier à peu près original… et le signer de son nom bien entendu. Non, pas question de passer un coup de fil pour vérifier telle ou telle info, on rédige, on publie, on update. Et on empoche au passage l’argent de la pub.

J’ai du attendre plus de 10 ans pour voir la chose.

Certains journalistes sont affectés à ce qu’on appelle « le desk » c’est-à-dire que cette bidouille est leur lot quotidien. Ils restent derrière leur bureau et grattent aussi vite qu’on leur demande pour sortir un maximum de papiers dans la journée à partir de communiqués, dépêches et aujourd’hui… billets de blog. Et la situation n’est pas prête de s’arranger. Tant qu’il y aura des lecteurs pour consommer du caca en petits bouts, il y aura des patrons de presse qui se soulageront à pas cher.

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