Les journalistes vont mal, et c’est l’Acrimed qui le dit dans ce rapport. Pourquoi ? la précarisation grandissante de la profession, le remplacement de vrais contrats par des boulots de freelances, des journalistes à pas cher qui paient eux-mêmes leurs frais et voient ainsi leur niveau de vie amputé. Plus généralement, la profession se kleenexise puisque des bataillons de cons, comme le dirait Nonce Paolini, attendent à la porte.

Sur la technologie, nos vieux briscards d’Acrimed ont toutefois loupé un train :

« La révolution numérique et les nouvelles technologies qui lui sont associées ont des effets ambivalents. Elles permettent de multiplier les canaux et les formes de diffusion, de s’affranchir de la tyrannie des formats propres à chaque média et de diversifier les genres et les formes de l’information et du débat public, de favoriser l’émergence de nouveaux et nombreux acteurs de l’information, et, en particulier, d’un journalisme participatif qui oblige le journalisme traditionnel à se redéfinir et à redéfinir les frontières du professionnalisme. »


Ils ont par contre raison sur le fait que le « journalisme participatif » tue la profession à petit feu, puisque pas rémunéré, alors à quoi bon engager un journaliste si un gugus quelconque peut faire du remplissage gratuit ? Rien, par contre, sur la difficulté d’utilisation de l’outil Internet dans les salles de rédaction, comme nous l’explique ici Libé.

Rien par contre, sur la protection des sources, sur l’espionnage et leur mise en danger par exemple via les opérateurs téléphoniques, sur les nouveaux outils qui existent aujourd’hui pour combattre ça… peut-être parce que les journalistes parisiens ne s’en servent pas et préfère aux outils compliqués mais fiables, la vérification d’infos via twitter.

« Faut-il se résigner, comme le font ceux à qui le marché tient lieu de cerveau, à laisser libre cours, sans les contrecarrer, à ces tendances lourdes ? Faut-il accepter que les journalistes subissent de plein fouet les conséquences des formes néo-libérales du salariat ? Faut-il se satisfaire de l’affaiblissement collectif des rédactions face aux pouvoirs économique et politique, et à ces nouveaux chiens de garde qui les représentent et les protègent ? Les réponses se trouvent dans les questions. »

Pour y remédier, ils parlent de réappropriation des médias… OK mais vu que les gens n’achètent (presque) plus la presse papier et se contentent des formats gratuits sur Internet, on est mal barré. C’est en faisant vivre la presse qu’on se l’appropriera.

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