Ca fait vieux slogan de boite, la grande époque où n était jeunes et où les estaminets attiraient beaucoup de demoiselles pour qu’entrent en payant beaucoup de jeunes hommes en rut censés offrir pas mal de verres à celles qu’ils voudraient faire tomber dans leurs bras. La solution garantie pour faire consommer et remplir les caisses.

C’est peut-être même toujours le cas mais dans le monde où je vis, j’ai l’impression que ce genre de pratiques a diminué : les femmes travaillent, ont salaire, les hommes étudient et restent sans salaire plus vieux les combats pour l’égalité font que les inégalités diminuent même si nous avons encore du boulot.

Il y a belle lurette que je n’ai plus mis les pieds dans un night club, et comme Spartition n’a pas voulu m’accompagner au club de Disney Village pendant la nuit du hack, je ne sais pas si la vieille pratique du gratuit pour les filles est toujours de mise (private joke inside). Je ne suis plutôt pas fan de ce genre d’offres (même si je l’avoue, il m’arrive d’en profiter) que je trouve sexiste, façon viande fraiche et chacals la bave aux lèvres.

La mesure ne me plaisait pas, donc, et je me plaçais sur la même ligne que Gordon qui signe un très bon billet dont il faut aussi lire les commentaires de qualité. Le côté gratuit,  ramènerait forcément des pouffes et sur un enchaînement de malentendus, qui sait… Et bien non. Pour y avoir passé quelques heures, de l’ouverture à presque minuit, j’ai rencontré deux types de nanas :

Celles qui bidouillent

L’une d’entre elles, justement, était sur un stand et m’a expliqué le fonctionnement d’un arduino de base,  comment faire si on place une led, pour qu’elle s’allume en continu ou par intermittences via, si je me souviens bien du code java avec « loop » pour faire la boucle et que la formule  recommence non stop et « void » qui signifie le vide, le zéro… encore une fois si mes souvenirs sont bons… et attention au sens de branchement de la led ! Enfin, cette jeune fille est en première année d’électronique et nous a même expliqué comment faire tourner un moteur.

Une passionnée, donc, (à suivre ici) qui s’éclatait à partager son savoir avec les gens qui s’arrêtaient sur le stand où une petite équipe s’activait pour cette initiation à la bidouille. Bravo à eux tous. En balayant la salle du regard, je me suis aperçue que d’autres nanas se trouvaient derrière d’autres stands, pas le temps de faire le tour et de les rencontrer toutes pour voir si elles étaient aussi passionnées et partageuses de savoir.

Celles qui accompagnaient leur chéri

Celles-ci se sont déplacées en masse, il y avait des petits couples de tous les côtés pendant les conférences et à vrai dire, ils faisaient plaisir à voir. On est loin des copines nunuches trainées par leurs gars sur un événement évoquées par Gordon dans son billet.

Là aussi, l’impression que j’en ressors est toute personnelle mais je n’y ai vu et entendu que des nanas avec un cerveau demander à leur gars une explication de temps en temps sur un truc qu’elles ne comprenaient pas, poser des questions avec l’envie d’apprendre, des mecs tout contents de voir que leur copine partagent leur passion.

Ca m’a rappelé un vieux souvenir dans un train en Tunisie à coder une calculatrice et un petit programme qui classait les nombres en ordre croissant, genre « pourquoi tu mets if au début ? » et « c’est quoi la différence etre argv et argc ? » et arriver finalement à comprendre que si on cale « +1 » quelque part dans un endroit bien défini du code que je serais incapable de justifier, et qu’on fait une boucle, ben ça devrait augmenter à chaque fois… du moins je crois si j’ai tout bien compris ce jour d’octobre moins pluvieux qu’un 24 juin parisien. Et être trop contente d’avoir compris un truc à quelquechose qu’on ne connait pas, et voir comment il peut être fier en retour.

C’est là que j’ai changé d’avis en voyant tous ces couples, ces nanas qui apprenaient des trucs, ces gars qui étaient contents de partager leur passion, faire découvrir un petit bout de leur univers à leur copine. Opération réussie des deux côtés. Et pendant qu’ils mettaient des visages sur les pseudos IRC avec qui ils échangeaient, elles rencontraient ceux qu’ils appellent des amis sans les avoir jamais vus. Juste des couples avec l’un des deux qui fait découvrir son univers à l’autre.

 

 

Elles seraient venues quand-même…

 Celles qui bidouillent, passionnées, je pense que oui.

Les copines de… j’en suis moins sûre. L’avantage du gratuit, c’est de pouvoir venir assister aux confs quand on en a envie, en suivre une ou deux, se tirer si on en a assez, ou tout regarder et partir avant le challenge parce que e toute manière, on est venu sans ordi.

Payer presque 40 euros pour une entrée, c’est cher et parmi vous, lecteur, combien d’ente vous seraient capables de sortir 40 euros pour se retrouver dans un évènement où, préjugé de départ, on se dit qu’on ne captera rien ? (oui, je pars d’une idée où la nana paie sa place et ne se la fait pas offrir, hein… parce que la seconde idée n’est pas vraiment dans ma conception de la vie.)

Donc non, elles n’y seraient pas allées, comme d’habitude, comme dans tous les évènements où ils/elles se rendent seul(e)s parce que c’est l’univers de l’autre et que ça coûte un bras. Et tant mieux d’ailleurs puisque ça permet d’échanger, d’avoir plus d’amis, son jardin secret, et tout simplement une indépendance intellectuelle… être collés, c’est le mal. Mais une fois de temps en temps, faire partager sa passion à l’autre, découvrir des trucs ensemble, ça a quelquechose de magique.

Petit bémol

Les couples homosexuels, dont l’un des amoureux est passionné, ne peuvent pas partager de la sorte si le second n’est pas un passionné et doit payer sa place, pas sûre qu’il vienne, comme expliqué plus haut dans le cas où les nanas devraient payer leur place.

En réponse à Gordon, je reste convaincue que si les filles devaient payer leur place, ça n’attirerait pas plus de monde sur l’événement, moi la première. Bien qu’intéressée par la bidouille, curieuse, et contente de croiser des amis tout le week-end, il n’aurait pas été question que je sorte cette somme pour assister à des conférences dont, préjugés toujours,  je ne comprendrais pas la moitié, et encore moins pour assister à des challenges où je ne peux pas participer, niveau oblige. Le prix aurait été répulsif… A tort, puisque j’ai capté plein de trucs aux confs et que j’ai passé un très bon moment.

Sur les prix proprement dits, j’en profite pour m’étonner qu’il n’y ait pas eu de tarif préférentiels pour les étudiants et les chômeurs, parce qu’à presque 40 euros le billet d’entrée, l’événement se coupe d’une partie des passionnés qui auraient pu y assister. Je comprends que la location de la salle ait un cout, mais faire un tarif étudiant aurait pu attirer du monde et donc faire rentrer plus d’argent dans les caisses.

Du meatspace

Alors oui, dans le cyberspace, nous ne sommes que pseudos, intellect, humour, chats, égalité, engagement pour la liberté et calembours. Mais dans le meatspace, qu’on le veuille ou non, ce n’est (malheureusement) pas la même chose. Dans le meatspace, reste encore des nénettes qui se font mater comme des bouts de viande (parfois même par des gars qui disent que l’entrée gratuite, c’est sexiste…), dans le meatspace, il y a aussi celles qui profitent et se font inviter à tout va, celles qui comprennent comment ça fonctionne et hackent le système, dans le meatspace, il y a des gens qui s’aiment et c’est parfois juste sympa de partager des trucs à deux, non ? Alors si une entrée gratuite sur un évent le leur permet… je suis joie.

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